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De l'eau, pas des puces !
Derrière la com’ « féministe », le procès pour discrimination sexiste
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– Photo prise sur le site de Crolles à l’occasion de la journée de sensibilisation au cancer du sein –

 

Derrière la com’« féministe », le procès pour discrimination sexiste

 

A regarder la communication de STMicroelectronics, on ne peut en douter, ST en plus d’œuvrer à la transition écologique1, est une entreprise qui lutte pour l’égalité des sexes au sein du monde de la tech, une entreprise progressiste… féministe même ! Un coup d’œil au Linkedin de STMicroelectronics et nous sommes saisi-es par l’ampleur de l’engagement de la multinationale pour l’émancipation des femmes : partenaire de l’évènement du CEA-Leti « Techno[l]ogies pas sans elles » (« le numérique donne des elles »), organisatrice d’une journée de sensibilisation pour le dépistage du cancer du sein à Crolles (oui, oui, dans la même usine qui dégueulasse l’eau de l’Isère avec ses rejets chimiques), toujours là pour relayer les joyeuses nouvelles du technolibéralisme « féministe » sur Linkedin (par exemple le prix  » Female Up & Comer Award  » décerné par GSA Women’s Leadership Initiative lors de la conférence Women in Semiconductor and Hardware), on en passe et des meilleures.

 

Et pourtant, comme lorsqu’il s’agit de pérorer sur les mérites de ses engagements environnementaux, avec ST, plus les stratégies de communication sont outrancières, plus on flaire l’embrouille…

Car si sur le papier (plutôt sur les pixels) ST se targue d’accorder la part belle aux femmes dans son entreprise, comme pour le reste : c’est juste de la com’.  STMicroelectronics, comme toute bonne vieille multinationale est dominée par des hommes blancs (cf. tableau ci-dessous sur le taux de femmes dans les postes de responsabilité au sein de ST2), un monde de l’entreprise au sein duquel les femmes, même les plus libérales et technophiles, peinent à trouver leur place. En tout cas, c’est ce qu’est venu nous rappeler le procès qui a eu lieu la semaine dernière (le 08 novembre à Grenoble) et qui a conclu à la condamnation de STMicroelectronics, obligée de verser plus de 800 000 euros de dommages et intérêts à 10 de ses salariées pour discrimination sexiste dans l’évolution de carrière et de salaire. [voir le communiqué de la CGT]

Contactée par le Dauphiné Libéré à ce propos, ST s’enorgueillit de mener des actions volontaristes sur la question de l’égalité hommes-femmes, initiatives sanctionnées par son excellente note de 93/100 de l’index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes publié en 2022 par le ministère du Travail. On attend avec impatience le prix « d’entreprise verte de l’année » qui sera sans nul doute attribué à ST, sûrement pour ses efforts acharnés dans sa réduction de consommation d’eau potable (*par puce produite) ou ses taux de pollution systématiquement dans les normes (pour lesquelles elle aura sans doute obtenu des dérogations spéciales) !

Bon, de notre côté, si on se réjouit du procès gagné par ces femmes, on ne parlera pas pour autant de victoire féministe. Car être dans une multinationale qui œuvre à la destruction des ressources et des milieux, qui contribue au déploiement du tout numérique autoritaire et aliénant et qui alimente les guerres du monde, ça ne nous semble émancipateur ni pour celles qui sont salariées, ni pour celles qui en payent les conséquences.

 

1 : Nos critiques sur la « transition écologique » de STMicroelectronics sont développées ici notamment.

2 : Tableau issu du rapport annuel 2022 de STMicroelectronics (p.60)

 

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