STopMicro
De l'eau, pas des puces !
STMicro dissimule sa consommation d’eau
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STMicroelectronics est une multinationale qui fabrique des puces électroniques. Son usine de Crolles (Isère) utilise une quantité d’eau extrêmement importante. Mise en cause depuis trois ans pour son impact environnemental par le collectif STopMicro, le géant du numérique a opté pour une solution simple : la dissimulation des informations. Cela fait plus de deux ans qu’il n’a pas publié la déclaration environnementale de son usine de Crolles, contrairement à ses engagements. Cette dissimulation servirait-elle à masquer le non-respect de ses objectifs environnementaux ?

En avril 2024, dans la déclaration environnementale du site de Crolles pour l’année 2023, le directeur du site, Eric Gérondeau, vantait la « volonté de communication, de transparence et d’engagement en faveur du développement durable ».

Un impact environnemental conséquent

Dans cette déclaration, on trouvait des données sur l’impact environnemental de l’usine. On apprenait notamment que :

– l’usine de Crolles produit quotidiennement 32 tonnes de déchets dangereux par jour, en supplément des 30 tonnes de déchets non-dangereux (page 31) ;

– cette production de déchets est en hausse permanente (idem) ;

– l’usine de Crolles consomme 160 litres d’eau potable par seconde (5067000 m3/an, page 19) ;

– la consommation d’eau du site est en hausse permanente (idem) ;



–  idem pour la consommation d’électricité, qui est l’équivalent d’une ville de 290 000 habitant-es (647 Gwh/an, page 20) ;

la consommation de produits chimiques s’élève à 64 tonnes par jour (23 481 tonnes par an, page 21), et est en hausse constante ;

– etc.

Un rapport qui présentait positivement des faits accablants

Malgré ces faits objectifs accablants, la déclaration était rédigée dans la novlangue habituelle du greenwashing de l’entreprise (« transformation durable », « neutralité carbone », « programmes ambitieux et novateurs », « recherche de l’Excellence », « approvisionnement à 100 % en énergie renouvelable d’ici 2027 », « améliorer en permanence la gestion de l’eau », etc.)

La déclaration 2023 présentait également les données de façon orientée, comme ces encarts émaillant le rapport où la consommation est ramenée à celle par plaquette, occultant le fait qu’en valeur absolue le niveau des prélèvements est en hausse perpétuelle.

En consommation absolue, sur cette période on a en réalité assisté à une augmentation de 45% pour l’eau et de 60% pour l’électricité.

La dissimulation d’informations

Mais depuis 2024, l’entreprise a changé de stratégie. Plutôt que de communiquer en présentant les chiffres de manière trompeuse, comme précédemment, ST a tout simplement choisi de dissimuler ses chiffres.

En effet, depuis deux ans, l’entreprise ne publie plus la déclaration environnementale du site de Crolles. En effet, alors que l’entreprise avait annoncé pour mars 2025 la publication de sa prochaine déclaration  : aucun rapport n’a été rendu public ni pour l’année 2024, ni pour l’année 2025.

Drôle de « déclaration environnementale annuelle » celle qui est publiée au mieux une fois tous les trois ans ! On mesure à ce détail le poids qu’il faut accorder aux promesses de l’entreprise. En d’autres termes, peut-on accorder un quelconque crédit aux déclarations promettant du « recyclage », de la « réutilisation », voire un « développement durable » de la part d’une entreprise incapable de tenir ne serait-ce que l’engagement de rendre publiques des données une fois l’an ?

Pour notre part, nous y voyons un lien évident avec la hausse de la contestation portée par notre collectif, qui dénonce depuis trois ans l’accaparement des ressources par les industriels de l’électronique.

Le bilan serait-il à ce point mauvais que le rendre public desservirait l’industriel et ses projets controversés ?

Collectif STopMicro,
de retour de rando,
8 juin 2026

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